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Mardi 29 mai 2 29 /05 /Mai 21:46

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Lundi de Pentecôte, 28 mai 2012. Deuxième manche du challenge EBMC 2012 (East Belgium Marathon Challenge), après les Cimes de Waimes 85 km et avant le Raid des Hautes Fagnes 115 km. On parle ici bien sûr de mountain bike. Nous sommes donc à La Reid, sur la commune de Theux, pour le départ de l’Ardennes Trophy, sous un soleil de plomb déjà à 9h30 du matin. Le parcours s’annonce sec, très sec. Le Racing Ralph est de mise. Au programme, 2300m de D+ sur 91 km, rien que ça !

Dans le Top Box se mettent en place des stars comme Thomas Dietsch avec son maillot de Champion de France du Team Bulls, Sébastien Carabin, Gregory Van Sinaye, etc. Je m’aligne dans le premier box des non-licenciés, avec le dossard 249. Nous sommes 651 inscrits sur le 90km, 596 partants, et il y aura 414 classés (eh oui même avec une bonne météo ça fait du dégât un tel parcours). En additionnant les participants des 70 km et 50 km (qui se rassemblent dans les box suivants), on tourne autour des 1500 vététistes.

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9h35. C’est parti. Ca commence par une grosse montée qui étire tout de suite le peloton sans heurts, parfait. Le parcours est très roulant, il n’y a pas trop de chemins étroits sur les premiers kilomètres, juste une descente sinueuse dans les racines où c’est pas évident d’être dans les roues car on voit les obstacles au dernier moment, mais sinon ce sont des chemins larges où chacun peut se mettre à son rythme. Après 20 km, premier ravito, et premier arrêt donc car je la joue « long terme » et « approvisionnement continu des ressources », ou, en d’autres termes, je compte bien dévorer sur la journée une bonne vingtaine de parts de la délicieuse Tarte de Franchimont que l’on trouve à chaque ravito !! Juste après ce ravito, on passe sur la ligne d’arrivée une première fois (qui est 70m de D+ plus haute que le départ, sur un site différent donc mais toujours à La Reid), où il y a du public, c’est sympa, puis tout de suite on s’engage dans un tracé en sous-bois, sinueux entre les arbres et les racines, tracé à la rubalise genre circuit de Coupe du Monde, super sympa !

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J’ai trouvé les 20 premiers kilomètres plutôt faciles, sans raidard. Après ça se corse. La succession de montées raides / descentes raides commence, sans répit. J’adopte assez vite ma stratégie de marcher dans les montées les plus raides, car je marche assez vite dans ces cas-là et je trouve que ça permet de varier le type de sollicitation des muscles, donc je pense que c’est une bonne économie dans le but de pouvoir toujours pédaler fort jusqu’au bout dans les longues portions de roulage. Mais, au km 26, ma stratégie va être mise à mal, et même presque toute ma course d’ailleurs. Dans un passage un peu galère dans des grosses caillasses en montée, je suivais quelqu’un, et on arrive à un endroit où visiblement ça passait difficilement. Le gars ne déchausse pas, tente, se plante, doit déchausser, et alors je déchausse moi aussi, déjà bien engagé dans les caillasses en question, et malheureusement en posant mon pied à terre je ne fais pas gaffe dans la précipitation, je le pose sur des gros cailloux instables, le pied part en hyper-extension alors que je m’appuie déjà dessus et je m’étale sur le côté en heurtant le genou gauche sur une pierre. Grosse douleur. Entorse au pied. Hématome au genou. Je dois rester assis quelques minutes pour que la douleur passe. Là je fais l’inventaire : le genou, ça n’a pas l’air d’être sur une partie « fonctionnelle » de l’articulation, donc ça ira. Le pied, une fois le gros de la douleur passée, je ne le sens pas en pédalant. Donc je repars. Mais je me pose de sérieuses questions sur la réaction de mon pied au prochain portage !

Bon, au final, tout ira bien, le pied n’a quasi pas gonflé et je n’aurai pas particulièrement mal tout le reste de la course. J’ai juste été un peu « calmé », et ce genre d’épisode ça modifie toujours de façon un peu durable la façon dont on est ‘dans’ la course. Mais au final ça va et je recommence petit à petit à pédaler plus franchement et en confiance. Les kilomètres s’enchainent, toujours physiquement très exigeants, mais pas de zone de franchissement galère, pas de zone technique où on se dit ‘comment je vais passer un machin pareil ?’, bref ça avance. Les descentes sont aussi nombreuses et se font toutes à fond la caisse sur des cailloux et des racines. Souvent ça se passe comme ça : on s’engage à fond dans un chemin de cailloux sans freiner, on se fait secouer dans tous les sens, ça commence à faire bien mal aux bras, et là on voit ce panneau « SLOW » sur le côté, et on comprend vite en voyant devant soi une zone plus raide et de cailloux plus gros et de racines plus grosses, où là c’est sûr on ne passera pas à la même vitesse ; alors on serre les freins aussi fort qu’on peut avec ce qu’il nous reste de force dans les bras, et on s’engage dans la zone en question forcément trop vite par rapport à ce que la raison nous aurait suggérer, en se faisant chahuter encore plus fort, à une vitesse au-dessus de ce qu’on ferait de façon sensée si on n’était pas en course, et finalement on arrive au bout, sans être allé au tapis en se demandant d’ailleurs comment c’est possible, et complètement éclaté dans les bras, l’envie de se rasseoir, et c’est à peine si on a le temps de se dire « On est vraiment malade de faire ça, maintenant je me calme et je récupère un peu », que se présente devant nous une nouvelle montée petit plateau dont on ne voit pas le bout. Voila en gros le scénario qui se répète en permanence sur cette course. Et donc, vous comprenez le bonheur de retrouver des parts de Tarte de Franchimont à volonté sur les 4 ravitos du parcours !

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Au niveau du matos également le vélo en prend plein la gueule. Mais le Grand Canyon a tenu bon ! J’étais donc équipé en hardtail 26’’ + SID 100mm (réglée plutôt ‘rendement’ que ‘confort’) + Racing Ralph 2.25 à l’arrière gonflé à 2.9 bar + Nobby Nick 2.25 à l’avant gonflé à 2.7/2.8 bar. Donc, ça secouait pas mal et j’en prenais plein les bras, mais au moins je n’ai pas pincé ! En quand il fallait Pédaler avec un grand P, là le Canyon répondait présent et plutôt deux fois qu’une ! Ce qui est cool c’est qu’il y avait des postes d’assistance technique aux ravitos et on pouvait remettre du lubrifiant sur la chaine (parce qu’après 15 bornes et déjà 4 ou 5 passages de gué de 20/25 cm de profondeur dans le ruisseau, la chaine n’était plus vraiment huileuse et couinait comme pas possible).

Le passage au Château de Franchimont était bien sympa, c’est un peu le passage renommé de cette course, une montée assez dure pour y arriver et en haut du public et des gens en costume traditionnel avec des cors de chasse. Sympa. Et la Tarte éponyme, bien sûr !

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C’est de plus en plus dur mais ma gestion de l’effort est bonne et je n’aurai pas de coup de barre. Je commence à penser au chrono et me dis que c’est jouable de passer sous les 6 heures, ce serait sympa. Juste avant le 4ème ravito, au km 80, gros bouchon de peut-être 30 coureurs à un endroit super dur, à pic avec une approche difficile, où on passe tous un par un sur les fesses en tenant son vélo comme on peut. On doit patienter plusieurs minutes, je commence à vouloir blaguer dans la file puis me rends compte que TOUS les coureurs autour de moi sont néerlandophones, ils ne me répondent pas mais parlent entre eux en flamand, je ne comprends rien, moment de solitude…. En bas, je demande aux gens du ravito qui me disent que les premiers ont passé ça sur le vélo !!!! D’ailleurs, en parlant des premiers, sachez que c’est Thomas Dietsch qui a gagné (yessss !!!!!!! je suis un grand fan de Thomas Dietsch depuis que j’ai commencé le VTT il y a presque 15 ans, c’est une figure dans le milieu, très sympathique et qui a fait quasi toutes les plus grandes courses de la planète et au top niveau ; je l’ai vu au départ hier, il avait trop la classe le grand Thomas en maillot bleu-blanc-rouge sur son Bulls 29 pouces ! ), devant Sébastien Carabin. Pour info je mettrai 2 heures de plus qu’eux…

photo derniers 500m

Il reste 11 km  après le dernier ravito, ça commence à sentir bon l’arrivée. Une sorte de boucle dans la forêt au Nord-Ouest du centre de Spa (on voit la route Theux-Spa en contrebas, je sais qu’on doit la traverser avant de se diriger enfin vers la dernière montée d’arrivée, mais non, on s’engage dans une loooonnngue montée vers l’opposé de cette route , argh…), et donc après cette montée-descente encore bien casse-patte dans cette forêt (où je reconnais des passages du trail Spa-Olne de l’an dernier), on traverse enfin la route Theux-Spa, on s’engage dans ce petit chemin qui monte, avec 88 km au compteur, et là on voit ce panneau : « côte n°1 » (il y avait 20 côtes répertoriées sur le parcours, numérotées de façon décroissante), 2400m de long, le dénivelé et le pourcentage moyen. Et je sais qu’en haut il reste seulement 1500m dans le sous-bois pour atteindre l’arrivée. J’ai encore du jus et je la monte assez fort, doublant pas mal de monde, dont un coureur du club d’Aywaille avec qui je venais de sympathiser brièvement dans la côte précédente alors qu’il était pris de crampes. On s’encourage mutuellement (c’est sympa de trouver (enfin) un francophone ;-) ), et d’ailleurs on se reverra à l’arrivée où il reconnait Muriel et nous dit qu’il est le copain d’une volleyeuse que connait Muriel (j’espère ne pas perdre mes lecteurs avec ces anecdotes ;) ).

photo avec Jerome

Ca y est, les derniers virages sur le site de l’arrivée, avec du public, de l’ambiance, et Muriel qui est là, venue me rejoindre à l’arrivée. Finish line. 5h55’ au compteur. Des coups de soleil. Les jambes en compote. Les bras explosés. Mal au pied et au genou. Ereinté. Juste envie d’une bonne Chimay bien fraiche. Ah merde, faut encore laver le vélo et se décrotter. Tiens, pourquoi ce grand sourire sur mon visage, qui ne s’efface pas ? Parce que c’est le pied !!! Bref, c’est juste le bonheur intégral du vététiste qui vient de s’amuser comme un fou pendant près de 6 heures et qui est aux anges d’accrocher une belle course de plus à son palmarès ;-) Comprendront les initiés !

Vivement la prochaine !!

photo degonflage

PS : un dernier mot sur l’association Bikers for Life, avec Rafael qui a encore pédalé sur son home-trainer pendant des heures pour récolter des dons, et les autres bikers du groupe présents sur cette manche de l’O2MC après avoir roulé à Thuin la veille. Leur cause : la lutte contre le cancer du sein. Leur action : collecter des dons en roulant sur les manches de l’O2MC. Allez voir sur leur site :

http://www.bikersforlife.be/

 photo avec Rafael

Par Nico
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Mardi 3 avril 2 03 /04 /Avr 21:59

bv000002Dimanche devait se tenir une course importante du calendrier VTT belge amateur, une « classique » pour les habitués des courses marathons dominicales, le raid chrono VTT Olne-Spa-Olne. Pour moi, ça devait être ma première participation à cette course renommée, ma première course VTT de 2012 et également mes tout premiers points sur le Challenge O2MC. Alors il y a bien eu quelque chose dimanche qu’on peut appeler une course de VTT, mais pas Olne-Spa-Olne…

Arrivé sur place 40 minutes avant le départ (étant pré-inscrit j’étais largement dans les temps, et déjà échauffé puisque je venais en vélo même si c’est vrai je n’avais que 4 km à parcourir pour m’y rendre), je découvre avec horreur le panneau annonçant : « En raison d’un refus d’autorisation par la ville de Theux pour faire circuler les motos de l’organisation, au dernier moment et sans justification, la grande boucle de 70 km et la rando de 51 km sont annulées ; le raid chrono se fera en parcourant 2 fois la boucle de 36 km autour de Olne » (2 x 37.5 km en réalité). On est bien le 1er avril, mais ce n’est pas du tout un poisson d’avril. Toute la beauté et tout l’intérêt que je voyais dans le fait d’avoir une boucle jusqu’à Spa, envolés…

carte garmin

Bon, la journée va quand même être sauvée par la météo magnifique (grand ciel bleu, certes température très fraiche, mais terrain sec). S’il n’y avait pas eu l’envie d’être classé et d’ouvrir mon compteur O2MC, j’aurais fait un tour et basta. Mais bon, on va quand même les faire ces 2 tours…

Alors les critiques ont été très nombreuses (voir www.b-m-b.be), c’est sûr c’est une sacrée tuile ce refus d’autorisation. Que les organisateurs aient eu la possibilité de rebondir à temps ou pas, je ne peux pas juger, donc passons l’histoire de la grande boucle annulée, c’est comme ça. Mais malheureusement, le mécontentement ne s’arrête pas là. Nonchalance voire absence d’organisateurs impliqués ; bordel au départ et bordel à l’arrivée (aucun speech au départ ni de consignes, verre cassé sur l’aire de départ, arrivée mal indiquée, même pas de panneau ‘arrivée’,…) ; passages en ville merdiques ; aucun signaleur au seul gros carrefour en ville, pour une course mass-start c’est quand même limite ; je me suis arrêté à 1 seul ravito mais c’était vraiment pas ça (choix plus que réduit, gobelets pas remplis, organisateurs soupirant « pfff, il y en a encore qui arrivent… » qui ne savaient peut-être pas qu’on devait faire un deuxième tour et qui avaient visiblement envie de plier bagage,…) ; un tapis de contrôle qui ne marche pas et tout le monde s’en fout ; la fameuse ‘spéciale chrono’ signalée par aucun panneau c’est seulement après en relisant les maigres infos du site internet que tu comprends que les deux tapis sur le dernier quart du parcours c’était pour ça, on est loin des organisations qui te font ‘vivre’ le parcours avec des panneaux décrivant, des fois de façon humoristique, les difficultés à venir et où tu passes ; et pour couronner le tout un seul tuyau au bike-wash pour une organisation qui a tout le temps plus de 1000 participants,…

profil garmin

Donc déçu, très déçu même, pour une épreuve aussi connue que je qualifierais de « théoriquement majeure dans le calendrier » (mais vu les vives critiques depuis quelques années ce n’est plus le cas en pratique, d’où le « théoriquement »). Mais bon je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai passé une mauvaise journée de VTT. Car du VTT, on a quand même pu en faire. En même si le premier tiers du parcours avait des passages en agglomération un peu repoussants (cf le coin d’Ensival), on a quand même eu droit à pas mal de chemins sympa. Sympa pour pédaler puissamment dans les montées et rouler vite dans les plats et descentes, en fait. Les amoureux du pilotage technique repasseront, mais les « grosses cuisses » seront contents. Pour ma part, j’ai eu ma dose de défi physique (1750m D+ en 75km, notamment une longue série de montées dans les bois, puis une longue montée sur route à la fin, le tout 2 fois), et aussi de sensations de vitesse dans des loooongues descentes qui étaient quand même bien plaisantes (le tout 2 fois, donc la 2ème fois tu connais un peu et tu peux lâcher plus les freins).

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Au final, voilà, j’ai fait 4 heures de VTT, mais pas le beau raid envisagé. Tant pis. Je ne jette pas la pierre aux organisateurs, j’espère juste qu’ils sauront reconquérir l’opinion publique dès l’an prochain. Je suis prêt à revenir sans problème s’ils y mettent la bonne volonté et l’opiniâtreté attendues pour tenir compte de toutes les remarques déjà bien fournies et constructives lues sur BMB.

Quand même un petit mot sur les résultats sportifs : les champions flamands et hollandais, venus en nombre, sont vraiment impressionnants et cartonnent dans les premières pages du classement. Loin derrière, à un peu plus d’une heure du vainqueur, je termine 153ème en 4h05’50’’. En fait il n’y a rien à dire, je ne peux même pas essayer de me comparer aux premiers tellement ils sont beaucoup plus forts, alors je ne peux que me prononcer sur mon niveau personnel ressenti : j’ai pédalé fort, me suis fait plaisir, me suis donné à fond jusqu’au bout, donc je suis content de ma course.

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Par Nico
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Lundi 19 mars 1 19 /03 /Mars 21:36

ENFIN UN TOP-10 !!! Je commençais à m’en approcher en 2011 (22ème à Manaihant, 17ème à Grand-Rechain, 11ème au Talsperrenlauf), ça y est, je rentre dans les 10, et sur une course bonus du Challenge L’Avenir-Verviers ! Il faut dire que cette course me convenait vraiment bien : pas mal de dénivelé, technique (surtout en raison de l’aspect nocturne), pas trop court. Et puis, bon, il faut reconnaitre que le niveau devant n’était pas très dense, et cela pour plusieurs raisons : de nombreux ténors du Challenge n’ont pas encore commencé leur saison, certains (surtout parmi les « routiers ») ne voulaient pas risquer de blessure sur cette course ‘piégeuse’ (mais bon c’est compensé par la présence de certains spécialistes du trail), et puis je crois aussi que certains (au moins Marcel Recker) se sont perdus sur le parcours… Mais bon, comme on va le voir dans un instant, ça n’arrive pas qu’aux autres !!! Bref, je suis quand même super content de cette perf, qui était vraiment un objectif pour moi.

Je plante d’abord rapidement le décor de ce début de saison. Pas beaucoup de bornes à pied depuis le début de l’année, mais beaucoup d’entrainements assez intenses à vélo, plus un stage de ski de fond, donc j’avais la caisse ! Et quand même déjà 2 courses du Challenge au compteur. D’abord Aubel, 9 km sur route sans vrai dénivelé. Je fais 30ème le dimanche matin en étant rentré d’un stage de ski de fond à minuit après 11 heures de route le samedi. Ca permettait de remettre un dossard et d’ouvrir le compteur pour le Challenge. Puis 15ème le samedi suivant à Barchon, sur une course qui me convenait mieux, un peu plus longue et avec plus de dénivelé, mais aussi il est vrai avec un niveau moins dense.

Bref, j’arrive au départ de ce trail nocturne à Heusy avec déjà quelques repères et le cœur bien rodé. Il fait nuit, mais les conditions sont excellentes : température printanière et sol quasi tout sec. Le départ est donné à 19h30. Premier kilomètre sur route en descente, qui permet de bien se placer. Marcel Recker et Nils Kalk s’envolent tout de suite. Petit groupe derrière, puis je suis derrière en retrait, 10ème. Deuxième kilo toujours en descente, cette fois dans les chemins. Puis, dans la première montée un peu longue, un petit jeune parti devant craque déjà. Je passe 9ème. Ca se stabilise. Les kilomètres s’enchainent et tout va pour le mieux. Je ne vois plus le 8ème devant mais je suis bien dans ma course et le top-10 semble en bonne voie. On passe la mi-course.

Km 8, c’est la catastrophe. J’arrive à un carrefour, il y a un chemin à droite qui descend fort et un chemin à gauche qui monte. Pas de flèche !!!! Je m’engage à gauche (au pif), mais un coureur me rattrape et me crie « non c’est à droite ! », je lui dis « t’es sûr ? où est la flèche ? » alors il y regarde à 2 fois et me répond « ah non c’était un signe de GR… ». On s’arrête. Je vois enfin une flèche tombée par terre, sur le chemin de droite. D’autres coureurs arrivent derrière. On perd un temps fou, je commence à paniquer. Je m’élance alors à droite avec le premier gars, en criant : « J’espère qu’elle n’est pas tombée du mauvais coté ! Ca passe ou ça casse ! ». De toute façon il fallait bien aller quelque part. Le chemin descend fort. Puis on arrive à un croisement avec une route. Rien……… MERDE !!!!!! Il faut remonter ce chemin très raide. L’autre crie aux autres que ce n’est pas là (les autres n’étaient pas descendus avec nous, je ne sais pas s’ils étaient restés tergiverser ou bien s’ils ont trouvé un autre indice ou bien si un coureur est arrivé entretemps qui était allé à la reco le mardi précédent la course et leur avait indiqué le bon chemin ; toujours est-il qu’ils sont repartis sur le bon chemin bien avant que j’aie fini de remonter le mauvais…). Je remonte comme je peux cette pente mais ça prend du temps et je vois de plus en plus de frontales défiler en haut vers le bon chemin… Je rejoins enfin le flux des coureurs, avec la rage, dégouté, l’impression que la course est foutue.  J’ai vraiment les boules…

Je repars derrière un groupe où il y a notamment Gaby Andres, la première femme.  A partir de là je ne gère plus rien du tout, je me mets dans le rouge total, uniquement guidé par la rage, sans aucun repère de place ou de gestion de course quelconque. Je suis alors persuadé que c’est foutu pour le top-10 mais je continue à fond avec l’énergie du désespoir. Je passe rapidement le groupe de Gaby. Puis encore un ou deux gars. Puis on passe devant le ravito où je ne m’arrête évidemment pas (NB : au micro avant le début de la course ils ont dit qu’il y avait des bières, des gaufres et d’autres bonnes choses à ce ravito ; je n’ai même pas regardé, mais je peux vous dire que le jour où j’aurai enfin décidé d’arrêter de me déchirer comme un malade sur ces courses, je sais très bien ce que je ferai !!!)  et je passe ainsi encore deux gars qui ont fait le détour pour prendre un gobelet. Arrive une section de route, éclairée, où on voit assez loin devant. Je peux apercevoir en tout 6 coureurs. Je me dis : « Je me fais les 6 !! ». Sur cette route je continue à courir vite (objectivement au-dessus de mes moyens, mais l’adrénaline m’a fait tenir). Je double 4 des 6 gars, dont Olivier Van Heusden, 8ème ici l’an dernier, trailer de L’Ami Cause. Puis on retrouve de longues montées sur chemins, pas trop raides, mais longues, et des sections de descente où je maintiens enfoncé le bouton « flash » de ma frontale pour bien voir les cailloux qui arrivent à toute vitesse et essayer de ne pas ralentir. Je mets du temps à doubler le 5ème gars mais j’y arrive. Sauf qu’après, mon corps commence à dire « eh oh arrête un peu tes conneries !» et je commence un peu à marquer le coup. Le 6ème gars de ma « liste de chasse » prend une avance irrémédiable sur moi et je ne l’aurai pas.

On arrive dans les derniers kilo, et on voit les lumières de l’agglomération verviétoise. Ca sent l’arrivée. Je n’ai toujours aucun repère mais je donne tout. J’ai toujours les boules. On rejoint enfin la route pour les derniers hectomètres. Là, un spectateur à un carrefour me crie : « Huit ! ». Changement radical d’état mental. L’orage laisse presque la place au beau temps. Presque. Mélange de soulagement, de joie, mais toujours aussi un peu de frustration où je revois encore et encore ces instants interminables perdus à remonter le mauvais chemin pendant que les autres défilaient en haut, temps perdu que je compare maintenant aux quelques dizaines de mètres qui me séparent dans cette dernière ligne droite des 2 gars devant moi (le 6ème gars en question plus un autre qu’on rattrapait petit à petit). Mais ils sont trop loin, c’est terminé, je finis sans m’arracher plus, mais avec toutefois une grande impatience de confirmer ma place dans les 10. A mon arrivée, les spectateurs applaudissent (ce qui confirme que je suis bien dans les premiers), et je demande immédiatement « Quant-ième ? » (et pas « combien-t-ième » comme un Français ;-) ). « Huitième ». Ouf. Sinon c’est Nils Kalk qui gagne (un triathlète d’Eupen, et superbe coureur, dans les tout premiers du (grand) Trail des Hautes Fagnes l’an dernier).

 Voila. Maintenant que j’ai vu qu’il semblerait qu’il soit arrivé le même genre de mésaventure à Marcel Recker (vainqueur du mini-trail des Hautes Fagnes l’an dernier), parti devant et qui finit hyper loin, ça fait un peu passer la pilule. Au final je me dois d’être content de ce bon résultat et de ces bonnes sensations. Et puis, l’adrénaline, cette bataille intense, c’était BON !! Et puis enfin, ça fait des trucs à raconter, hein ;-)) Maintenant, objectif Olne-Spa-Olne VTT, puis le Eupener Osterlauf.

Par Nico
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Mardi 4 octobre 2 04 /10 /Oct 21:40

DSC07152J’aurais déjà pu vous parler du Trail des Hautes Fagnes avant de l’avoir fait de par sa réputation : une valeur sûre du trail en Belgique, avec un parcours 5 étoiles et une organisation qui a déjà fait ses preuves. Mais maintenant que je l’ai fait, je peux vous l’assurer avec force : ce trail, c’est la grande classe. Il a tout ce qu’il faut pour ravir les amateurs : l’organisation parfaite, sérieuse et dynamique, le décor magnifique, le parcours via des chemins exceptionnels, l’ambiance, le défi sportif, le succès populaire (environ 450 partants sur le 37 km et presque 500 sur le petit parcours une heure plus tard) et le tout accessible à prix modique.

Il faut dire qu’on a en plus bénéficié, en ce samedi 24 septembre 2011, d’une météo parfaite : grand ciel bleu, et autour de 20°C l’après-midi (un peu plus frais le matin mais le départ étant donné à 10h il faisait déjà fort bon). Le cadre est un des plus beaux de Belgique : départ et arrivée à Xhoffraix, on passera par les endroits touristiques de Reinhardstein, Tros Marets, Malmedy, la Ferme Libert, et bien sûr les Fagnes, les vraies, avec les caillibotis qui nous permettent de passer au-dessus de la tourbe dans cette réserve naturelle où nous avons aujourd’hui exceptionnellement le droit de venir courir.

carte

C’est un VRAI trail de 37.5 km, avec des chemins techniques et variés, un dénivelé intéressant (>1000mD+), et quasi pas de route, juste ce qu’il faut (entre 2 et 3 km à travers le village au début pour étirer le peloton, parfait ; et le court passage dans Malmedy qui permet de voir du monde et d’avoir des encouragements !). Aujourd’hui le terrain est globalement sec mais quelques zones humides et des passages de gué permettront de rapporter quand même un peu de boue sur les chaussures, ça aussi ça fait partie du trail ;-)

profil

Maintenant je vais parler un peu de ma course. Ayant eu une préparation plutôt chaotique (séjour à l’hôpital avec opération sous anesthésie générale 8 jours avant, suivi le lendemain par mon déménagement (!) et la semaine suivante par des travaux de jardinage ; bref, une seule sortie CAP, en compagnie de l’ami Poutch, sur les 12 derniers jours…),  je me présentais au départ « pour voir », content d’être là, et sans ambition particulière de faire la course. Mais bon, on ne se refait pas, et je me suis vite retrouvé malgré moi dans un bon rythme……… que je n’ai donc logiquement pas pu  tenir.

Je dis « malgré moi » parce que au départ j’avais vraiment l’intention d’y aller cool. Mais au bout de 2km, quand on était assez étirés, je vois la tête de course et me compte alors dans les 20, ce qui est signe que je suis parti dans une bonne allure. Voulant me faire plaisir et étant confiant dans mon mental et mes capacités à « finir » quand ça deviendra dur, je décide néanmoins de poursuivre l’aventure à cette place, et « on verra bien ». Je resterai donc très longtemps 16ème, complètement isolé (personne en vue devant personne derrière), jusqu’au 18ème kilomètre  environ (la forte côte en sortant de Malmédy). Ca me laissera le temps de profiter d’un chemin parfaitement dégagé et de pouvoir négocier les passages techniques à mon aise.

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Après 4 km plutôt descendants, on a affaire à une succession de ‘toboggans’ dans la forêt. Ce n’est pas encore trop technique, mais très plaisant. Puis on arrive au bel endroit touristique du château de Reinhardstein, où il y a un peu de public, et un passage technique super amusant lors du contournement du château. Ensuite on remonte de l’autre côté du ruisseau vers le Nez de Napoléon (on y était passés en randonnée avec Mu en juin). S’en suivent des kilomètres à travers bois, le premier ravitaillement, un passage de mare « plus profonde que prévue » (hmm…), puis une descente en zigzag fort sympathique  nous amenant quasi au centre de Malmédy.

Reinhardstein chateau jpg

A la sortie de Malmédy, il y a donc cette longue côte où j’ai commencé à voir revenir du monde. Pas de panique, c’était prévu, le rythme sera assurément plus lent jusqu’à l’arrivée, mais ce qui compte justement c’est d’arriver. On passe encore par du technique dans les racines, et puis ça continue de monter et on se dirige vers le bike park de la Ferme Libert. Vue dégagée et impressionnantes bosses de dirt offrent alors un spectacle atypique. On arrive alors au 2ème ravito, on doit être au kilomètre 22 et un poil plus que 2 heures de course. La première heure j’ai parcouru environ 11.5 km, la deuxième cela a donc logiquement diminué, mais c’est ensuite que ça va se corser.

Pour arriver jusqu’au plateau des Fagnes, il faut d’abord se farcir un long, long faux flat rempli de racines et obstacles en tout genre. C’est technique, on ne peut pas faire une seule foulée ‘normale’. Ca c’est du vrai bon trail, c’est plaisant…. mais c’est dur ! Quand on lutte comme un dingue sur chaque pas et que le Garmin vous annonce le dernier kilo en 7 minutes, il faut s’accrocher. Les jambes ne font pas encore trop mal mais le corps fatigue. J’essaie de m’alimenter régulièrement. Et c’est là, vers le 28ème (on venait d’arriver sur les grosses pistes du plateau), que commence une petite galère due à une barre qui n’est pas du tout passée. Envie de vomir pendant 5-6 km, mais bon ça finira par passer, en attendant il faut serrer les dents.

caillibotis

J’ai encore cette image de cette très longue ligne droite sur les caillibotis, au-dessus de la végétation fagnarde ; atypique et grandiose. Après quelques portions sur une large piste, on arrive au 3ème et dernier ravitaillement du km 31. Je prends mon temps, marche un peu, toujours envie de vomir. J’avais retenu que les 6-7 derniers kilos étaient globalement descendants, mais un des organisateurs dit, au ravito : « méfiez-vous de ces derniers kilomètres ! ». Et il avait raison…

Déjà, on a certes du faux plat descendant pendant un petit moment au début, mais c’est toujours chargé de grosses racines, donc délicat et toujours éprouvant. La descente s’accentue alors que la vue se dégage, toujours dans du technique, et puis, au km 34.5, un mur ! Bing ! 2 gros appels de crampes aux deux cuisses ! Je relève mon cuissard très haut (je ne sais pas si c’est plus psychologique que physique comme effet), essaie de ne pas faire de trop grandes enjambées dans la côte, et les crampes resteront « menaçantes » sans se déclarer violemment. Entretemps l’envie de vomir est passée et je me sens un regain de vitalité. Maintenant je sens que ça va le faire, on peut sentir le finish et ça c’est toujours bon sur du longue distance.

On joue encore un peu au toboggan et puis ça y est, on revient sur Xhoffraix. Beaucoup de monde à l’arrivée (le public mais aussi beaucoup de concurrents du minitrail déjà arrivés depuis longtemps), Magali (la femme de Poutch) m’applaudit dans la dernière ligne droite, le speaker dit même mon nom au micro (il disait régulièrement le nom de coureurs passant la ligne). Me voila donc arrivé, 43ème en 3h52’. Superbe course, beaucoup de plaisir, et ma foi au niveau physique j’ai bien tenu le coup tout en me faisant plaisir. Génial.

results TDHF2011

L’étirement sera long car les jambes sont quand même bien chargées, mais après, double récompense : d’abord la douche, et puis une bonne bouteille de Céleste (75cl) avec Poutch et ses copains de Lamycose. Poutch aussi s’est bien amusé sur le minitrail et on est tous contents d’être là. Superbe journée sportive dans les Fagnes. Je reviendrai ça c’est sûr !!!!!

Un dernier mot sur l’organisation, absolument parfaite : pris en main dès le parking, retrait des dossards et T-shirt impeccable avec informations sur le parcours, numéro de téléphone de secours, briefing complet, polyglotte et sérieux, fléchage irréprochable à la chaux complété par des rubalises quand nécessaire, ravitos impeccables, arrivée festive, buvette bien dimensionnée et bénéfices reversés à des œuvres caritatives : MERCI POUR TOUT !!!!!!!!!!

Par Nico
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Vendredi 12 août 5 12 /08 /Août 19:49

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Dimanche 7 aout 2011. Une date présente dans ma tête depuis plusieurs mois, depuis que j’ai repris l’entrainement triathlon de façon assidue et que je me suis donné cet objectif pour 2011 : le triathlon moyenne distance d’Eupen. Il n’y a pas vraiment de challenge ni à se présenter au départ ni à le finir, et je n’ai pas non plus l’ambition de faire une place, mais le défi était de redevenir triathlète et de m’exprimer sur cette course comme je le pourrais. Comme cette reprise en janvier 2011 correspondait à mes débuts professionnels à la câblerie d’Eupen, juste à côté, et que j’adore cette ville et cette région, j’étais doublement motivé à l’idée de faire ce triathlon.

 Au matin du 7 aout, j’ai donc derrière moi, depuis janvier de cette année :

62.6 km de natation – 725.9 km de course à pied – 38.5 h de home-trainer – 1299 km de vélo de route – 890 km de VTT

Pour les pros / semi-pros c’est peut-être peu, mais personnellement je sais ce que ça représente et je m’en contente tout à fait ! Je me sens donc prêt, motivé, en forme, content de ces mois d’entrainement où j’ai pris beaucoup de plaisir, et maintenant il ne s’agit plus « que » de valider tout ça par une course pleine et d’en profiter. J’ai oublié de préciser que cette année Eupen sert de support aux championnats de Belgique MD, donc il y aura du monde et un bon niveau (les Flamands sont là en nombre, et leur densité à bon niveau est impressionnante ! ).

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Première bonne nouvelle de la journée, il semble que la drache annoncée et tant redoutée ne va finalement pas nous tomber dessus. Il a pourtant bien plu les jours avant et il pleuvra encore beaucoup les jours après, mais dimanche, on est épargnés. Tant mieux parce que le vélo se fait sur une petite route sinueuse en mauvais état et assez sale, donc question chute, crevaison et ralentissement en descentes on aurait été servis.

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Toute la course se déroule autour du barrage d’Eupen et de son lac, réserve d’eau potable pour la région. Il y a deux parcs à vélo (un pour T1 et un pour T2), séparés seulement de quelques hectomètres. Au programme, une boucle de 1.9 km de nat dans le lac (seule fois de l’année où on est autorisé à nager dans ce lac !), 4 tours autour du lac sur une route fort vallonnée plus une 5ème fois la côte du début pour faire au total 80 km de vélo et 1050 m de D+, et enfin 3 tours de 7 km à pied sur une alternance chemins stabilisés / route sensiblement vallonnée.

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10h. Départ dans l’eau. On est 418 individuels et une quarantaine de relais au départ. Un seul départ. C’est assez large et je me place sur la gauche, à l’extérieur. On tourne dans le sens horaire. Comme je dévie toujours vers la droite, je m’attends à me rapprocher petit à petit de la corde sans m’en rendre compte. Pour une fois, je ne me mets pas spécialement en retrait, mais plutôt carrément dans le pack, je suis là pour faire la course alors il ne faut pas avoir peur mais revendiquer sa place ! En fait, je m’attends à nager un peu mieux qu’à Bütgenbach, donc à la fin du premier tiers des participants. C’est malheureusement dans la bosse de la gaussienne donc je serai dans une partie dense du peloton, mais si c’est ma place je n’ai pas l’intention de la laisser et de me mettre en retrait juste pour être plus tranquille. J’espère juste que ça ne va pas trop bastonner.

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Allez c’est parti. Je sais que la bouée jaune est là-bas au fond, mais jusqu’à arriver assez proche de celle-ci, ce n’est pas la direction de la bouée qui est importante, c’est où se trouvent les nageurs autour de moi. Eviter les coups, suivre la direction du pack, voila comment ça se passe. Aucun problème niveau cardiaque et musculaire pour prendre le rythme. Aucun problème avec mes lunettes qui sont bien en place et sans buée. Aucun problème non plus avec la température de l’eau, c’est 18/19°C, en combi c’est parfait, et puis avec le départ dans l’eau on avait le temps de s’habituer. Ma concentration est focalisée à 100% sur ce qu’il se passe autour de moi. Après 200m, malheureusement, ce que je redoutais arrive. Paf ! Je prends un coup direct en plein dans les lunettes à droite. Ca fait mal sur le moment, mais heureusement, le coup est arrivé bien dans l’axe de l’œil, donc les lunettes n’ont pas bougé d’un poil, je peux continuer comme si de rien n’était, ouf. Un peu plus loin je prends dans la figure les pieds d’un concurrent qui avait brusquement ralenti pour je ne sais quelle raison. A part ça tout se passe bien. Je continue sur mon rythme et je suis assez homogène par rapport aux concurrents autour de moi. J’ai la sensation de faire une ‘bonne’ natation par rapport à mon niveau, c’est parfait. Par contre, encore une fois j’ai dévié à droite, et bien qu’étant parti à gauche, je me retrouve à droite du paquet après 800m !! Mais comme on est presque à la bouée, j’ai un point de repère assez proche pour arrêter de dévier, et en plus comme ça je suis déjà à la corde, j’aurai fait beaucoup moins de distance en plus qu’à Bütgenbach où on tournait dans l’autre sens !

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Après avoir tourné à droite à la bouée tout au fond, avec le vent on a tout à coup des vagues vraiment plus importantes de travers. Il faut faire gaffe en respirant à bien lever la tête, et si possible au bon moment, pour ne pas boire la tasse. Puis on tourne encore à droite et on prend la direction du retour. Ca a beau s’être étiré, comme je suis dans la partie dense du peloton, je suis toujours bien entouré, et il faut rester bien concentré. J’essaie quand même de me focaliser plus sur mes mouvements à moi, comme en piscine, de plus m’appliquer pour pousser plus fort et plus loin derrière. A 200m de la sortie de l’eau, alors que ça commençait à sentir la fin, je prends un coup en plein sur le mollet, la douleur reste un bon moment et j’ai alors très peur d’avoir pris une béquille qui m’empêcherait de rouler ou courir. Heureusement, une fois debout, je me rendrai compte que ce n’est rien du tout.

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Ca y est, la sortie de l’eau. L’un des meilleurs moments pour moi sur un triathlon. Même si je dois reconnaitre que, à part les problèmes de prendre des coups, j’aime bien nager en extérieur en combi, c’est une super sensation. Le premier tapis de chronométrage est dans la montée raide qui relie la sortie de l’eau au parc à vélo (une petite course de côte à la sortie de l’eau histoire d’échauffer les jambes !). Je passe alors en 140ème position en 33’46’’. Pour moi c’est assez bon, je suis content je pense que c’est mon niveau donc tout est au vert à ce moment-là !

A T1, là par contre j’ai merdé et perdu pas mal de temps. Mais c’était aussi un choix avant la course de soigner cette transition pour me mettre dans de bonnes conditions pour le vélo. Avec la température fraiche, les risques de pluie, et le souvenir de Bütgenbach où je n’avais pas assez ravitaillé, là je fais ce qu’il faut pour être bien à vélo : je me sèche, enfile un maillot technique sans manches puis une veste vélo manches longues par-dessus, et remplis les poches de la veste de barres énergétiques. Tout ça n’est pas long en soi, mais après la nat on est souvent un peu décalqué et les gestes ne sont pas précis, c’est le moins qu’on puisse dire. Bref, je coince le maillot en l’enfilant, fais tomber les barres, etc… En tout j’ai mis autour de 4 minutes pour cette transition !

Une fois sur le vélo, je suis plus sur mon terrain. Bon, au début je ne savais pas vraiment comment j’allais rouler. A fond comme au bon vieux temps ? A l’économie pour la CAP ? Le parcours vélo étant exigeant, comprenez amusant et très intéressant pour un cycliste (vallonné, technique, tout le temps en prise, et permettant de faire la différence partout), il ne se prêtait pas vraiment à une attitude passive pour moi. Bref, ça allait être à la sensation, et pour le reste on verra bien. Mais toutefois je voulais en garder pour la CAP et ne pas faire le vélo à fond comme par le passé (à l’époque pour moi l’arrivée était à la fin du vélo, seul comptait le temps vélo, mais c’est fini tout ça maintenant je veux faire un vrai triathlon, de bout en bout).

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Cependant, au départ, je pars bien trop vite. Heureusement je vais arriver à me calmer assez vite, donc ce sera sans conséquence. En fait, la route étant étroite, et la densité de coureurs très importante quand je suis sorti du parc, ça donnait plutôt envie de dépasser tout le monde pour aller voir devant ! Et puis, on attaque direct par la côte derrière le barrage, et cette côte justement je l’ai montée 26 fois le mois dernier à l’entrainement, je la connais par cœur et je l’apprécie ! Alors que d’habitude je la monte en environ 4’30 quand je fractionne sur un bon rythme (j’ai mon repère à moi pour savoir où je déclenche le chrono), là au premier passage je la monte en 4’17 !! C’est beaucoup trop vite ! Au demi-tour en haut je ne suis pas très lucide et je renverse un plot en ayant failli me planter ! Bref, il est temps de se calmer et de se reconcentrer sur un vrai effort CLM réfléchi. C’est ce que je vais faire et tout ira bien.

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Le parcours est très intéressant, avec des ascensions irrégulières et des redescentes où il faut un peu savoir piloter pour passer bien à fond. On tourne dans tous les sens à travers la forêt et on ne ressent pas spécialement de vent dans une direction précise. Comme c’est technique et qu’en plus le revêtement est assez mauvais j’ai délibérément choisi de ne pas prendre de prolongateurs. Certes, ils sont toujours utiles à un moment ou à un autre, mais je ne regrette pas du tout ma décision, j’étais bien sur mon vélo dans cette configuration.

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Je double pas mal au début et puis après ça se calme (sauf qu’à partir du 3ème tour on commence à prendre un tour à des attardés), on est plus espacés et les gars avec moi roulent à mon niveau et on ne se gêne pas. Je n’aurai aucun problème de drafting sur cette course (c’est malheureusement assez rare pour être signalé) à part un imbécile courant en plus pour un relais qui s’est délibérément mis dans ma roue après que je l’aie doublé, mais quand j’ai vu ça j’ai complètement coupé mon effort, il a dû passer en râlant, et puis après je n’ai eu qu’à en mettre un petit coup pour le lâcher sans qu’il ne puisse rien faire. J’ai quand même de la peine pour ce gars, qui avait tout le style du pur cycliste affûté et suréquipé mais qui n’est en fait qu’un tricheur venu nous parasiter, c’est la honte il ferait mieux de rester chez lui et de se trouver une autre occupation.

 Les sensations sont bonnes, en surveillant mon chrono je vois que je reste constant au fil des tours (en 35/36’ minutes au tour, auxquelles il faut rajouter environ 7 minutes pour la start loop), par contre effectivement le chrono n’est pas si bon que ça, je ne passerai a priori pas sous les 2h30’. Mais bon les sensations étant très bonnes et sentant que j’avais un bon rythme, j’étais content de moi et je le suis toujours ! De plus, je m’alimente de façon très appliquée avec la super boisson maltodextrine/fructose/sirop préparée et dosée suivant les conseils de David, donc tout s’annonce bien pour la suite de la course. Je ne fais aucune faute technique et négocie les descentes à fond avec beaucoup de plaisir, aucun problème mécanique et surtout pas de crevaison malgré les risques. C’est super.

Je rentre donc au parc avec 2h31’15’’ au compteur pour 80,4 km et 1050 m D+. Je ne me suis pas mis dans le dur du tout, ça c’est vraiment bien, je suis donc alors à T2 dans peut-être les meilleures conditions de fraicheur et de prédisposition à bien courir que je n’ai jamais été sur moyenne/longue distance. Encore une fois je ne fais pas une transition extraordinaire. Le tapis de chronométrage est à la sortie du parc ; le temps chronométré pour le « vélo » inclut donc les 2 transitions. Caramba, ça, ça ne va pas soigner ma place vélo du tout !! Effectivement, dans les résultats je serai donc crédité de 2h36’55’’ et  du 77ème temps « vélo + T1 + T2 » (et précisément, c’est marrant, je ressors du parc en 77ème position scratch). Aïe, 77ème temps, c’est très loin des top-10 du passé… Sur le moment en découvrant ça je serai déçu, mais bon, les sensations étaient bonnes c’est le principal.

Je regarde ma montre. Il est pile 13h10’. J’avais dit à Muriel, qui devait venir me voir à partir de T2 justement, que je comptais m’élancer à pied à…….. 13h10’ exactement ! Je suis ponctuel ;-)

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Le parcours à pied je le connais également très bien puisque je m’y entraine régulièrement. Il est très agréable, un peu vallonné mais sans aucun raidard à part la petite côte assez vicieuse de l’arrivée, et il est tout le temps dans les bois avec un très bon climat en plus ce jour-là. De plus, le passage 3 fois sur la ligne avec la grosse ambiance du public est un gros plus.

Au niveau des jambes, les sensations sur les premiers kilomètres sont absolument excellentes. Je déroule sans forcer niveau cardiaque et j’ai l’impression de pouvoir aller loin comme ça. Malheureusement j’ai des crampes d’estomac très pointues, mais bon en serrant les dents pendant les quelques secondes où elles font le plus mal, ça passe. Par contre du coup je n’oserai par prendre 2 des 3 Powergel que j’ai pris avec moi sur la CAP. Peur que ce soit trop agressif pour l’estomac. Des crampes passagères ça va encore ; ce que je craignais le plus c’était de devoir absolument m’arrêter pour un besoin de « vidange » pressant (du genre Nice LD 2004…) mais heureusement celui-ci n’arrivera pas. Ouf. Ainsi, je boucle le premier tour en 30’47’’ sans avoir forcé, tous les voyants sont au vert, et en plus je fais jeu égal avec les athlètes autour de moi. Je suis dans le coup !!

Deuxième tour. Je commence à faiblir tout doucement, et ça va s’accentuer. Ce qui me fait de la peine c’est que c’est un peu toujours la même histoire sur longue distance : ce n’est pas parce que j’étais sur un rythme trop élevé, mais c’est mon corps qui fatigue, l’organisme qui dit STOP. Sans avoir l’impression de m’être donné à fond en courant, mon rythme s’écroule néanmoins petit à petit parce que mon corps ne se sent pas bien. La tête qui tourne un peu, l’ensemble des sensations qui disent « t’es dans le dur Nico », et voila que je ne peux rien faire que de laisser aller en me disant « avance, avance, avance ». Et donc le rythme baisse : 33’18’’ dans le 2ème tour, et la sensation que la ligne d’arrivée est encore loin (alors que idéalement j’aurais dû forcer, serrer les dents et n’être limité que par la douleur aux jambes ou le souffle court, mais non même pas, je n’ai jamais pu mettre d’intensité dans cette course à pied). Cette fois ce n’est pas un problème d’alimentation comme à Bütgenbach, mais juste le fait que voila, je suis trop juste, il faut que je m’entraine plus pour tenir la distance.

Quoi qu’il en soit j’avance encore et ça me rapproche de l’arrivée, c’est ce qui compte. Là maintenant, dans le 3ème tour, il y a franchement beaucoup de monde qui me double et je ne sais rien faire. Je vous passe les temps au kilo au-delà des 5 minutes. Dans le long faux plat sur route à 3-4 km de l’arrivée, à la fin je dois même marcher un peu, là j’ose prendre un Powergel que j’avais gardé en poche en espérant qu’il produise une sorte de coup de fouet. Il passe. Dans la descente qui suit j’essaie de relancer mais ça ne voltige pas vraiment.

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Allez, dernier kilo, ouf, je lâche cette fois mes dernières forces dans la dernière côte, et me présente à l’entrée de cette dernière ligne droite. Ces derniers mètres clôturent près de 7 mois d’entrainement, et bien que la fin ait été dure (et longue), c’est du bonheur de concrétiser tout ça. Quel que soit le résultat je suis heureux d’être là. Je vois mon ami Patrick qui est dans l’organisation, puis avant la ligne je vois Muriel qui est bien là. Voila, Eupen 2011 c’est terminé, 4h50’16’’ et 99ème place scratch. Hey, c’était les championnats de Belgique quand même ! Ma CAP décevante se résume donc aux chiffres suivants : 1h39’35’’ et 166ème temps.

Au final, je me dois d’être content : j’étais venu faire ma course, et je l’ai faite, tout s’est bien passé. C’est toujours un plaisir de regarder derrière soi, les entrainements et la course, de se dire « on l’a fait », et de raconter tout ça. On est alors partagé entre deux sentiments assez différents : remettre ça dans un futur plus ou moins lointain, mais dans l’immédiat profiter d’une relâche sportive bien méritée !!

Je finirai en félicitant l’organisation pour ce triathlon de très grande qualité (je me demande juste pourquoi il n’y avait pas de contrôle du nombre de tours effectués du type bracelet ou tapis de chronométrage intermédiaire ??). Et puis j’insiste : Eupen est une superbe ville dans une superbe région, et le cadre vaut le déplacement, même si les adeptes de grandes lignes droites sur les prolongateurs avec un revêtement de billard passeront leur chemin. Les adeptes de triathlon bucolique et authentique, eux, seront ravis !

Merci Eupen !!

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Par Nico
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